SOMMAIRE

SOMMAIRE
"On ne va jamais aussi loin
que lorsqu'on ne sait pas où l'on va."

(Christophe Colomb)


"Le véritable voyage de découverte
ne constitue pas à chercher de nouveaux paysages,
mais à avoir de nouveaux yeux."

(Marcel Proust)


Ceux qui ne savent pas où ils vont,
sont surpris d'arriver ailleurs.
(Pierre Dac)



Un regard sur le monde...

*** Pour faciliter la lecture : Cliquez sur les liens des pages ! ***


Page 1 :

- 1989, 2000, 2001, 2002 : MAROC
- 2000 : MAROC
- 2001 : MAROC
- 2001 : SENEGAL


Page 2 :

- 2002 : MAROC
- 2002 : MALI
- 2003 : INDONESIE (JAVA & BALI)
- 2003 : EGYPTE ET SINAÏ
- 2004 : CAMBODGE ET MALAISIE


Page 3 :

- 2004 : BIRMANIE
- 2005 : JORDANIE ET SYRIE
- 2006 : CAMBODGE
- 2007 : CAMBODGE
- 2008 : SURPRISE ????



Pages 4 à 21 :

- Photos insolites

- Le Boudhisme (Page 16)



Page 22 :

- Pub !
- Yellow-Man
- Tuol Sleng
- Le portail
- D'abord, ils ont tué mon pére


Page 23 :

- Cambodge année zero
- Tu vivras, mon fils



Page 24 à 44 :

- 2008 : CAMBODGE !



Page 44 :

- Le Musée Tuol Sleng
- Psychodrames et massacres au Cambodge 1970


Page 45 & 46 :

- La barbarie Khmere rouge
- Année néant

Page 46 :

- Phnom Penh aujourd'hui
- Traffic !
- On the road again

Page 47 :

- Sihanoukville : Le marché
- Sihanoukville : Les plages
- Pour le Tibet libre !
- Le Karaoké Khmer

Page 48 :

- Triste anniversaire...
- Persécutions au Tibet !
- Le contrat !
- Alain Delon est au Cambodge !
- Le prochain voyage...

Page 49 :

- Plus rien... (Cowboys Fringants)
- 8 secondes (Cowboys Fringants)
- Les méduses !
- Musique traditionnelle Khmer.
- Karaoké Khmer.

Page 50 :

- Musique contemporaine Khmer.
- Vendeuse d'insecte !
- Larves de vers à soie.
- Pousses de fleurs de lotus et Krama.
- Ambiance au marché de Phnom Penh.

Page 51 :

- W.C. Khmer !
- Pouss-pouss ! (Cambodge)
- Tuk-tuk ! (Cambodge)
- Moto-bus ! (Cambodge)
- Camion-bus (Mali)

Page 52 :

- Norodom Sihamoni
- Norodom Sihanouk
- Je fatigue !
- A méditer...

Page 53 :

- L'enfant sauvage
- Les enfants sauvages de l'Angkar
- Rochom P'ngieng

Page 54 :

- Alphabet Khmer
- Le petit prince Khmer
- Mon plat Khmer préféré !

Page 55 :

- Renseignements pratiques
- Le Tonlé Sap : Un phénomène unique au monde !
- Quelques pages de mon passeport...

Page 56 :

- Quelques pages de mon passeport...

Page 57 :

- Quelques pages de mon passeport...
- Le poivre de Kampot
- Le poivrier
- Quelques spécialités culinaires Khmeres...


Page 57 à 60 :

- Quelques spécialités culinaires Khmeres...


Page 60 :

- Tiger Balm
- Siang Pure Balm

Page 61 :

- L'école, au Cambodge...

Page 62 :

- La drogue, au Cambodge (3 articles)

Page 63 :

- La prostitution, au Cambodge (3 articles)

Page 64 :

- Danger : Mines ! (2 articles)
- Miss Cambodge 2008 !

Page 65 :

- Kampuchea !
- Chronologie de l'histoire du Cambodge
- Pol Pot

Page 66 :

- Le pays du sourire
- Les Princes et les Princesses du sourire
- Les jeux cambodgiens...(2 articles)

Page 67 :

- Les moines boudhistes (4 articles)

Page 68 :

- Les nonnes boudhistes (4 articles)

Page 69 :

- La femme Khmère
- Guerre imminente, au Cambodge ! (3 articles)

Page 70 :

- Guerre imminente, au Cambodge ! (2 articles)
- Les vraies raisons du conflit entre le Cambodge et la Thaïlande.
- Communiqué de l'ambassade du Cambodge à Paris.

Page 71 :

- Comment plier son tee shirt ?
- Livreur de briques au Bangladesh.
- La gare de Bangkok (2 articles)
- Les trains, en Inde ! (2 articles)

Page 72 :

- Les trains, au Japon.
- Belles vidéos sur le Cambodge (2 articles)
- Les mygales !

Page 73 :

- Le village aux araignées !
- L'Indochine Française (4 articles)

Page 74 :

- Noël à Phnom Penh
- Noël à Sihanoukville
- S-21 ?... Et après ?...

Page 75 :

- ... ah oui, c'est vrai : C'est Noël !
- Ambiance dans un bordel de Phmon Penh.
- Association Pour un Sourire d'Enfant.

Page 76 :

- Norodom Sihanouk nous chante une petite chanson !...
- Le dernier train Khmer !
- Les chemins de traverse...
- Janvier 2009 : Laissez-nous des messages !

Page 77 :

- 2009 : CAMBODGE ! (Carnet de voyage)

Mark-tapage !

- La première bière : Page 78
- Visite du musée national : Page 79
- La sieste : Page 80
- Y'a pas d'poubelle ? : Page 81
- Le marché central : Page 82
- La cour des miracles : Page 83
- Visite du marché Russe : Page 85
- Dégustation de bestioles : Page 85
- Les charniers de Choeung Ek : Page 85
- Départ de Phnom Penh et arrivée à Sihanoukville : Page 89
- Le prix des fruits : Page 91
- Quelques connaissances : Page 92 et 93
- Chez nous ! : Page 94
- La pompe à Bière Khmere et la plage d'Occheuteal : Page 95 et 96
- Sur la route menant au marché : Page 97
- Le Psar Leu : Page 98
- Ballade dans Sihanoukville : Page 103
- Le port : Page 104
- Victory Beach : Page 105
- Othres Beach : Page 107
- Angelo's Taverna : Page 110
- Séance de massage : Page 112
- Préparation des écrevisses : Page 112
- Comment éplucher un ananas et une mangue : Page 113
- Le lancer de chaussures : Page 113
- Le Khmer Seï : Page 113
- Le Vat Chotynieng : Page 113
- Ballade matinale au Psar Leu : Page 117
- La noix de coco rapée : Page 120
- Dans les rues de Sihanoukville : à partir de la Page 121
- Gand jeu ! : Page 127
- Les équipes de nettoyage : Page 128
- L'église St Michael de Sihanoukville : Page 131
- La gare de Sihanoukville : Page 132
- Un bidon-ville : Page 132
- Le nouvel An Chinois à Sihanoukville : Page 133
- Apsara, l'art des danses traditionnelle Khmeres : Page 136
- Mithona Street : Page 137
- Transport de porcs : Page 137 et 138
- La charrette d'objets en terre cuite : Page 138
- Contrôle de police : Page 139
- Ambiance au Topo's Place : Page 139
- Epilation au fil : Page 140
- Remontée de plage et le dernier jour du Nouvel an Chinois : Page 141
- Notre charmant voisin : Page 142
- Un convoi funéraire : Page 142
- La loterie : Page 143
- Les conditions de travail sur les chantiers : Page 143
- Macaca fascicularis : Page 145
- Occheuteal Beach by night : Page 145
- Dernier jour à Sihanoukville : Page 147
- Retour à Phnom Penh : Page 149
- Aéroports de Phnom Penh et Hong Kong : Page 150


Page 152 :

- Au delà du ciel
- Prêtre au Cambodge
- Le sourire baîllonné
- Le mystère des enfants blonds du Cambodge

Page 153 :

- Snake Wine
- Belle Indochine : Un merveilleux site !
- Le blog de SM le Roi-Père Norodom Sihanouk

Page 154 & 155 :

- Cambodge : Le Royaume des nuances !...(6 articles)





A SUIVRE ...







Bon voyage !...


*************************
# Posté le lundi 26 novembre 2007 04:48
Modifié le jeudi 25 juin 2009 07:38

1989 - 2000 - 2001 - 2002 : MAROC !

Voilà un montage photo qui illustre les voyages fait au Maroc, en 1989, 2000, 2001 et 2002...

Les carnets de voyages correspondants sont dans les articles suivants !

Bon voyage !
# Posté le lundi 26 novembre 2007 04:49
Modifié le lundi 26 novembre 2007 05:08

2000 : MAROC

2000 : MAROC
2000

DEPART : Le 4 novembre 2000 / RETOUR : Le 25 novembre 2000

Le 4 novembre 2000 à 19h10 :

Je suis dans l'avion qui m'amène à Marrakech, et chose déjà incroyable, je n'ai pas été malade au décollage. L'avion à 1h30 de retard ! Le commandant de bord a mis en cause l'entreprise qui sert les repas ! ...(Si nous étions partis à l'heure, nous n'aurions pas eu de repas !...). En ce qui concerne mon mal de l'air, il faut dire que je suis sous «cocculine » depuis 2 jours ! Et j'en prends toutes les heures depuis 15 h ! Malgré ça, je suis quand même un peu vaseux...J'ai envie de pisser, mais je ne sais pas si je pouvais me lever... Je crois que je vais rester assis jusqu'à Marrakech... Tant pis pour ma vessie ! ...
Nous avons passé quelques perturbations et j'ai été malade. L'atterrissage s'est bien passé, c'est la première fois que j'arrive au Maroc sans vomir ! (Victoire ! ...).

Le même jour à 22h :

J'ai enfin trouvé un hôtel, après en avoir fait une dizaine (tous complets ! Il faut savoir que c'est les vacances pour les Marocains). Je suis donc à l'hôtel Smara où il n'y avait plus qu'une chambre à 100 dh (...comme par hasard...) C'est une chambre double. Je suis quand même bien content, c'est assez correct, j'ai un lavabo et le garçon à l'accueil est sympa. Je me trouve à deux pas de la place Djema el Fna et j'entends l'agitation. Je suis très fatigué et vais bientôt m'endormir.


Le 5 novembre à 10h30 :

Ce matin, j'ai été réveillé par la prière. Je suis allé faire un premier tour dans les souks, à mon grand étonnement, aucun « faux guide » ne m'a importuné, et j'ai pu me promener en toute tranquillité. Je suis actuellement à la terrasse de Chez Toubkal et je vais prendre mon petit déjeuner.
J'ai téléphoné à ma petite Catherine et tout va bien.
J'ai passé la journée à flâner dans Guéliz, et me suis reposé au pied de la Koutoubia.


Le 6 novembre à 10h15 :

Je suis en face de la poste de la médina et suis entrain de me renseigner pour partir à Essaouira. J'apprends qu'aujourd'hui, c'est le jour de la fête nationale (La marche verte).
Je me suis assis près de Bab el Jedid et je remarque que Philippe et Brigitte se sont assis à la même place, puisqu'ils m'ont laissé un petit message sur la poubelle à coté du banc.
D'habitude, il y a beaucoup de police et d'armée dans Marrakech, mais aujourd'hui, on bat les records ! On en compte un tous les 100 mètres ! ... Incroyable, il doit y avoir un flic par touriste ! Si cela se veut réconfortant, c'est aussi fort dommage, car les relations avec les gens s'en trouvent faussées...


Le 7 novembre à 10h20 :

J'ai quitté l'hôtel ce matin pour aller à Essaouira. J'ai pris un billet de bus à 30 Dh (il y a 176 km). Mon bus doit partir à 11h30, et en attendant, je regarde le trafic dans la gare. Quelle aventure ! Depuis ½ heure, il y a déjà eu 2 bagarres... et je comprends que l'un qui se bat est en fait, mon chauffeur ! (S'il vous plait... essayez de ne pas trop l'énerver !). Je suis maintenant assis dans le bus, j'ai pris soin de me mettre à l'avant. Le bus commence à se remplir. Je pensais avoir pris le bus le plus pourri...mais en voilà un qui roule sans pare-brise, ni carreaux aux fenêtres ! ... Je m'estime heureux !
J'ai réservé une chambre à l'hôtel Agadir, et j'ai également réservé ma chambre à l'hôtel Smara de Marrakech pour quand je rentrerais à partir du 20 jusqu'au 25.
Le bus s'est arrêté en plein désert sans raison apparente. Que se passe-t-il ? Une bruyante dispute éclate au fond du véhicule. Mon voisin m'explique qu'une vieille femme n'a pas de billet et que le «chef du bus » est très en colère, qu'il va la débarquer là (nous sommes à 50 km du village le plus proche). Il m'explique que c'est la procédure habituelle dans ces cas là. Au bout de 20 minutes de palabre, c'est au tour du chauffeur de se mettre en colère. Je comprends qu'il en a marre et voudrait bien reprendre la route. Quelqu'un propose que nous nous cotisions tous afin d'offrir le billet ...Il suffit d'une dizaine de personne pour que tout rentre dans l'ordre et que le bus redémarre.
En repartant, nous croisons un troupeau de chèvres «acrobates ». Elles sont juchées tout en haut des arbres ! ?... Incroyable... mais vrai !
Plus tard, un troupeau d'une trentaine de sangliers sauvages nous coupe la route, le chauffeur s'arrête de nouveau pour les laisser passer.


Le 8 novembre :

Je suis arrivé à Essaouira depuis hier et tout me surprend. Quelle différence avec Marrakech ! Ici, tout est peint en blanc et bleu turquoise, alors qu'à Marrakech, tout est dans les tons orangés. Les gens ne sont pas les même non plus, on sent bien qu'ils sont de la mer... beaucoup moins agressifs. J'ai trouvé avec facilité l'hôtel Agadir... ma chambre m'y attendait comme convenu, mais elle est très humide et je ne m'y sens pas très bien... de plus, il n'y a pas de carreau aux fenêtres ! (Décidément, c'est la grande mode ! ...).
Ce matin, je suis donc allé à la recherche d'un autre hôtel. Après l'hôtel Smara, qui est très bien pour le prix, mais qui était complet, je me suis replié sur l'hôtel Majestic... Rien à voir avec son homologue Cannois, mais beaucoup mieux que l'hôtel de ma première nuit. Ma chambre est petite, mais toute carrelée avec des motifs orientaux. La literie est bonne, et surtout, j'ai une fenêtre qui donne sur la rue, et c'est un vrai théâtre permanent !
En fait, l'hôtel Majestic est l'ancien tribunal de Mogador.
Je profite de mon après midi pour envoyer mes cartes postales et passe un petit coup de fil à Catherine (petit... car le téléphone coûte très cher ici).


Le 9 novembre :

J'ai très bien dormi et, malgré que ma chambre donne sur la rue, c'est très calme.
J'apprends que c'est les juifs qui ont eu l'idée de peindre tout en bleu, pour éloigner les mouches.
Je suis actuellement «chez Françoise », un petit restaurant très sympa, tenu, comme son nom l'indique, par une française. Son mari est un artiste peintre marocain (quelques-unes une de ses aquarelles sont exposées en salle). C'est la première fois que je mange au restaurant depuis que je suis parti, et je dois dire que ça fait du bien !
Il fait toujours un vent incroyable à Essaouira. Ce n'est pas un vent glacial et humide comme à Berck, mais un vent chaud qui fini tout de même par donner un peu le tournis...
J'ai passé l'après midi à flâner sur la plage et, tandis que résonne, en ville, l'appel à la prière, je me dirige vers «Le café de France » pour y prendre mon dîner.



Le 10 novembre :

J'ai passé la journée à me faire bronzer à la plage et aux terrasses des cafés où je m'empiffre de cornes de gazelle et autres petits gâteaux...
J'ai discuté avec un marocain, et il m'a invité chez lui pour écouter sa musique. En fait il habite un atelier, c 'est un bon musicien, il joue d'une sorte de guitare dont je n'ai pas retenu le nom. Il m'explique qu'il est allé jouer à Marseille dans le cadre d'un festival de Gnaoua (c'est une musique de transe).


Le même jour à 21h30 :

Il vient de se passer quelque chose dont je ne suis pas fier...J'étais entrain d'attendre qu'on veuille bien me faire réchauffer la pizza que je venais de commander, quand une femme accompagnée de ses trois enfants s'est pressée derrière moi. Au moment où le marchand me donne ma pizza, je remarque les yeux écarquillés et envieux des enfants et de la mère. Celle-ci me prie de lui donner quelque chose, et moi, sans savoir pourquoi, j'ai ignoré sa demande. Pourquoi ai-je fais ça ? Voilà la question qui m'a taraudé sur le chemin du retour à mon hôtel. Alors que plusieurs fois sollicité par des mendiants, je n'hésite pourtant pas à leur donner 1 Dh très souvent !
Cette femme en aura eu certainement besoin autant que les autres...et même plus ! Arrivé à mon hôtel, torturé par le remord, je décide de rebrousser chemin afin de leur offrir la pizza. Je me dépêche pour ne pas la laisser refroidir. Je fais environ 300 mètres, mais je m'aperçois que je les ai perdu de vue. Dépité, je retourne à l'hôtel, manger ma foutue pizza, qui me laisse un goût amer dans la bouche ! ... Je me trouve dans l'incapacité de réparer mon erreur, et j'essaye d'exhorter ma honte en écrivant cette anecdote...
Sommes-nous vraiment responsable de nos actes ? Est-ce une espèce d'instinct de conservation qui m'a fais agir de la sorte ? Etait-ce plus facile de donner de l'argent, plutôt que de la nourriture ? Quelle que soit la réponse, je suis bien évidemment fautif... Le hasard et la providence me donneront peut-être une chance de me rattraper demain... en tout cas, je l'espère...


Le 13 novembre à 9h40 :

J'ai passé ma dernière journée à Essaouira. Dernière journée de repos où j'ai passé la plupart de mon temps à me balader.
Je suis actuellement dans le bus qui me conduit à Agadir, où j'ai retenu une chambre à l'hôtel de la petite Suède. Je m'étais fais de nombreux copains, et je quitte un peu à regret Essaouira.


Le même jour à 17h40 :

Je suis enfin arrivé à Agadir... Quelle déception ! J'ai fait un petit tour en ville et il n'y a vraiment rien d'intéressant ! En plus, tout est très cher. Par contre ma chambre d'hôtel est bien, il y a une douche, je vais enfin pouvoir me laver en entier. Je décide de partir demain pour Taroudant.


Le 14 novembre à 10 h :

Pour finir, je n'ai pas eu envie de me laver...
Je suis dans le bus qui m'emmène à Taroudant (enfin, j'espère, car personne n'a pu me renseigner avec précision). C'est très étonnant, ici, à Inezgane (c'est là, qu'est la gare routière, à 11 km d'Agadir), très peu de gens parle français ! ?...
Le bus est arrivé avec 3 heures de retard... de toute façon, ça n'a pas dû gêner grand monde, vu que j'étais le seul à avoir une montre.
J'ai trouvé mon hôtel assez facilement, la chambre n'est pas formidable.
J'ai mangé au restaurant de l'hôtel, très correct et les plats sont copieux.
Taroudant ne vaut pas le détour ! La ville ressemble beaucoup à Marrakech, mais en beaucoup plus petit. Les souks ne sont pas super non plus...


Le 15 novembre à 10h45 :

Cette nuit, il y a eu une fuite d'eau dans ma chambre, je me suis réveillé avec une dizaine de cafards dans mon lit... mes pieds en gardent quelques traces, mais rien de grave...
J'attends le bus qui doit me conduire de Taroudant à Ouarzazate et il fait très chaud. Un vent balaye toute sorte de détritus et de poussière. Je quitte Taroudant sans regret, il n'y a pas grand chose et les gens ne sont pas particulièrement accueillant. Sur le guide du routard, le bus démarre à 10h25, mais en ville ils m'ont dit que c'était plutôt vers 11h00...évidemment, arrivé à l'arrêt de bus, j'apprends que c'est entre 11h30 et 12h30...enfin bref, je n'ai plus qu'a attendre.
Le bus est enfin arrivé, il est très confortable. Nous ne sommes qu'une dizaine dedans. Durant la traversée du Djebel Siroua, je fais la connaissance d'un allemand qui voyage comme moi. Nous avons mangé ensemble le midi et le soir. Nous avons pris le même hôtel («hôtel Royal ») qui est très correct pour le prix (50 Dh). Nous conversons entre nous en anglais. On arrive très bien à se comprendre.


Le 16 novembre à 9h05 :

Je prends un petit déjeuner à la terrasse d'un café sur la rue principale. Ici, nous sommes à 1600 mètres d'altitude, et il fait un peu frais. Ouarzazate à l'air assez agréable...
J'hésite à rester ici ou à partir pour Zagora. Le guide du routard dit qu'il y a là bas, à l'endroit où la route s'efface pour laisser place au sable de désert de Sahara, un panneau où il est écrit :
« Tombouctou, 52 JOURS ». A partir de cet endroit, on calcule plus les distances en kilomètres...mais en jours ! (De chameau).
Ce voyage dure quand même 5 heures, et je ne sais pas si cela vaut vraiment la peine, d'autant qu'il faudra que je revienne sur mes pas pour retourner à Marrakech...

Le même jour à 11h45 :

Nous avons visité la casbah de Taourirte et c'était très intéressant. Ici, les gens sont très sympa. Je ne pense pas aller à Zagora. Le paysage est magnifique ici, on voit même les cimes enneigées des montagnes au loin ; Je crois que je vais rester jusqu'à dimanche.


Le 17 novembre à 17h35 :

Hans est parti ce matin pour Tinerhir. J'ai visité le zoo, puis suis retourné dans la casbah. C'est vraiment incroyablement beau ! J'ai lié de nombreux contacts avec les gens et j'ai fait la connaissance d'un acteur (il y a de nombreux studios de cinéma à Ouarzazate), qui m'a montré des photos de lui où il apparaît dans les films «jésus de Nazareth », «Astérix » etc....Il a tenu à m'inviter chez lui pour prendre le thé à la menthe et j'ai bien sur accepté. Il m'a fait traverser une grande partie de la casbah...dans un dédale de ruelles et d'impasses, remplies d'individus patibulaires (mais presque ! ...), J'ai bien cru ne jamais revenir... C'était très impressionnant ! Arrivé chez lui, il y avait plusieurs copains. J'ai bu un très bon thé à la menthe, puis mangé avec eux. Nous avons discuté longtemps. Le soir est vite arrivé, et mon nouvel ami m'a raccompagné jusqu'à une route fréquentée. J'ai passé là un bon moment d'échange et de discussion. En ressortant, je suis repasser par une petite casbah, qui semblait plus pauvre, et j'ai encore discuté avec des femmes qui tissaient un tapis.
Elles n'ont pas voulu que je les photographie, mais l'une d'elle m'a emmené chez elle et j'ai eu le droit de la prendre une photo avec ses enfants.


Ah, j'oubliais ! Dans la grande casbah, je n'ai pu photographier qu'une seule femme (je suis d'ailleurs avec elle sur la photo, c'est Fouad Mansouk, l'acteur, qui nous prend). Lorsque je lui ai demandé pourquoi j'avais le droit de ne photographier que cette femme, il m'a expliqué, non sans un petit sourire en coin, que c'était parce qu'elle était une prostituée.
Je quitte demain Ouarzazate, qui m'a bien plu, pour Zagora (j'ai changé d'avis). Zagora est la dernière ville avant le désert... les premières dunes ne sont qu'à 26 km !



Le 19 novembre à 21h00 :

Je suis arrivé hier soir à Zagora après un voyage très fatigant (encore une fois...). Il faisait déjà très sombre et ma première impression a été mauvaise....
Tout a changé ce matin quand je me suis levé, le paysage est merveilleux, il y a une luminosité dan le ciel que je n'ai jamais vu autre part...
J'ai vu le fameux panneau ! ! !


En marchant vers 3 km après, en suivant l'ancienne piste, je suis arrivé au village d'Amazraou (prononcer «amzrout ») et j'ai été pris en charge par des gamins qui voulaient me guider. J'ai fini par accepter d'en prendre un avec moi, et lui-même en a pris un plus petit pour porter son vélo.
J'ai été bien inspiré de prendre ce gamin, car je n'aurai jamais pu arriver dans la casbah, tant le chemin est compliqué. En fait, il s'agit de la casbah des Juifs, appelée ainsi, car les juifs y habitaient jusqu'en 1958, date à laquelle ils sont tous partis pour Israël, laissant la place aux arabes.


Cette casbah, particulièrement étendue se situe dans une palmeraie qui, bien qu'elle soit très mal entretenue, offre des paysages dignes des plus belles cartes postales...
Juste avant d'entrer dans la casbah, il faut suivre l'oued, où l'on peut voir de nombreux dromadaires en liberté et se promener à leurs cotés. Il y a aussi de nombreuses femmes qui nettoient leur linge dans la rivière, mais là... impossible de les photographier... on se contentera des chameaux ! ...
En sortant de la casbah, le gamin m'a emmené dans un coin de la palmeraie où les hommes grimpent en haut des palmiers pour couper les branches que les femmes recueillent et qui serviront à confectionner toute sorte d'objets.
Il y a aussi un petit promontoire où l'on peut voir les premières dunes du Sahara... très impressionnant ! ...
Cette visite était très intéressante, et finalement, je ne regrette pas ma venue à Zagora.
Dans l'après midi, je suis allé dans le centre où un grand souk s'y déroule tous les dimanches. Ce souk est très étendu, et s'y promener relève de l'exploit ! Les allées y sont quasiment inexistantes, les commerçants s'installent n'importe comment, la chaleur est suffocante et le bruit est assourdissant ! Bref, c'est l'Afrique ! ! !
Il y a aussi «le souk des femmes » (non ! On n'y vend pas des femmes ! ... Il s'agit d'articles fabriqués par des femmes !), mais je ne l'ai pas vu...


Ce soir j'ai acheté un djembé pour Quentin, qui m'en avait réclamé un avant de partir. J'espère qu'il lui plaira ! Car la négociation à été particulièrement dure ! J'ai fait au moins une dizaine de magasins, avec à chaque fois, le thé à la menthe...J'ai fini par l'échanger contre mon jean et ma chemise + 70 Dh.
Demain, je prends le bus à 7h00 pour Marrakech. J'en suis malade à l'avance, car ce voyage représente 9 heures de route ! ... Au moins ! ...


Le 20 novembre... vers 20h00... :

Très mauvais voyage ! ! !
9 heures dans le bus ! ! !
Le chauffeur : un vrai fou ! ! !
Vomi toutes mes tripes et mes boyaux ! ! !
Pris trop de Nautamine = suis carrément dans le gaz ! ! !...
No comment...


Le 21 novembre à 21h35 :

J'ai passé ma journée à flâner dans les souks et j'ai aussi été dans le Mellah (le quartier juif).
Très bonne journée...pas difficile avec ce que j'ai vécu hier ! ! !...
J'ai retrouvé Hans et nous avons mangé ensemble. Nous nous sommes aussi beaucoup promené. Il a acheté un tapis, et j'ai traduit le marchandage. Je pense qu'il partira demain pour Essaouira... il fait le même circuit que moi, mais à l'envers.


Le 24 novembre à 20h10 :

J'ai passé les deux dernières journées à faire quelques achats, j'ai trouvé un très beau sac à dos et un collier Touareg pour Catherine. Je me suis acheté des babouches et aussi pour Lucille.
Chose incroyable, ce soir, j'ai retrouvé mon ami le joueur de gnaoua que j'avais rencontré à Essaouira !
Je m'apprête pour partir demain matin à 7h00 et je serai à Paris vers 13h25. Catherine et Quentin m'y attendront avec impatience ! ...


NOTA :
Marrakech à Essaouira = 171 km
Essaouira à Agadir = 172 km
Agadir à Taroudant = 80 km
Taroudant à Ouarzazate = 297 km
Ouarzazate à Zagora = 160 km
Zagora à Marrakech = 397 km

Total kilométrage parcouru : 1277 km (environ ! ...)
# Posté le lundi 26 novembre 2007 04:57
Modifié le lundi 26 novembre 2007 07:26

2001 : MAROC

2001 : MAROC
2001

DEPART : Le 17 février 2001 / RETOUR : Le 3 mars 2001.


Le samedi 17/02/2001 :

Départ pour Paris à 16h30. Nous sommes impatients d'être à Marrakech. Notre avion décolle à 23h15, l'attente est longue mais reposante.


Le dimanche 18/02/2001 :

Nous sommes arrivés à 1h15 (heure locale). L'avion était gros, un 747. Le voyage s'est bien passé...Frantz n'a pas été malade !
Quand nous sommes descendus de l'avion, il faisait bon et l'air était chargé de toutes ces odeurs qui définissent Marrakech. Nous avons pris un « petit taxi » qui nous a conduit sur la place Djema el Fna.

La place était vide et nous ne l'avions jamais vu ainsi. De là, comme un grand habitué, Frantz nous a conduit à l'hôtel Smara, en passant par un dédale de petites ruelles. Le mec était endormi et il puait sacrement des pieds. Frantz a insisté, et il a fini par venir ouvrir. Une chambre était libre...
La fin de notre nuit s'est bien passé.
A notre réveil, Frantz est allé voir pour une chambre à l'hôtel Essaouira, qui est un peu mieux... surtout dans l'accueil et dans l'ambiance. Catherine préfère cet hôtel. Notre nouvelle chambre est plus petite, mais il y a une très belle terrasse.

Premier jour à Marrakech !
Nous allons enfin goûter les « messamems » de chez Toubkal (tant recommandés par Frantz), ... un vrai délice !
Quentin est ravi, mais un peu effrayé, il se demande s'il rêve ou si c'est la réalité. Quant à nous, nous sommes très contents. Il fait beau (entre 25 et 30°). Nous sommes allés à la gare routière, pour se renseigner sur les horaires de départ pour Ouarzazate (c'est vraiment folklorique ! Tout le monde t'interpelle pour te conduire à telle ou telle ville !).
Première achat pour Quentin, une paire de babouche (les même que son père...), et un bonnet (idem, lui aussi...).


Le lundi 19/02/2001 :

Petite balade sur la place et dans les souks. Pour traverser, c'est tout un sport. Il y a des vélos, des voitures, des mobylettes, des calèches, des charrettes à bras et des ânes... partout et dans tous les sens. On a l'impression qu'ils vont se renter dedans... mais non... tous se passe bien.

Catherine s'est fait faire un tatouage au henné sur la place Djema El Fna. Quelle émeute ! (Dimanche, nous avions promis à une fatma que nous reviendrions la voir. Ne la trouvant pas, nous avons discuté le prix avec une autre, lorsque la première arriva. Quel souk ! Elles se sont disputées, mais tout a fini par rentrer dans l'ordre).

Catherine reste encore un peu impressionnée, mais je pense qu'elle s'y fait très vite. Par contre, Quentin éprouve encore beaucoup d'angoisses sur la place, il a peur des serpents, des singes, et d'un peu tout le monde. Il faut dire qu'il était loin de pouvoir s'imaginer l'ambiance qui règne ici !
Frantz est tout de même parvenu à le prendre en photo avec des porteurs d'eau.
Demain, nous partons pour Ouarzazate par le bus de 11h00 (4 heures de route dans la montagne ! ...)

Le mardi 20/02/2001 :

Le bus qui doit nous conduire à Ouarzazate, est bien évidemment en très mauvais état : Le pare-brise fissuré, cassé, on se demande comment tiennent les essuie-glace ! Un pare-chocs avant inexistant, le moteur à nu... et nous passons les détails, est enfin parti à 11h30. Avant que le bus ne démarre, un défilé de vendeurs de...tout ! (Babouches, colliers, chewing-gums, kleenex, thé à la menthe chaud...), de mendiants en tous genres (femmes et enfants, vieillards et estropiés !) retardent le départ du bus.
Le paysage est superbe, mais Catherine a bien cru maintes et maintes fois, que le bus allait tomber en panne tellement il était poussif !
Nous sommes descendus à l'hôtel Royal.

Le mercredi 21/02/2001 :

Nous avons visité les appartements du Glaoui. C'est superbe ! Il y avait là, une équipe de cinéma qui tournait une scène du film « Les amants de Mogador ». Ensuite, nous avons marché dans la casbah de Taourirte, où Frantz a retrouvé de nombreuses connaissances de son précédent voyage.
Puis, nous avons visité un quartier beaucoup plus pauvre. Là, tous les gamins te courent après, Catherine ne semble pas très à l'aise au milieu de tous ces enfants qui demandent un dirham, un stylo, et autres... Frantz a sorti des paquets de chewing-gums, et les enfants étaient de plus en plus nombreux.


Le jeudi 22/02/2001 :

Nous avons le bus de 8h30 pour Marrakech. Pensant que le voyage serait plus confortable, nous avons choisi la compagnie CTM (qui est réputée pour être...un peu... mieux que la SATAS)... Mal nous en pris ! Le chauffeur conduisait très vite et surtout très mal ! Nous avons tous les trois étés malades dès les premiers kilomètres. Le voyage fut particulièrement désagréable...surtout pour Catherine qui est arrivé à Marrakech sous la forme d'une « serpillière liquide » ! Nous avons retrouvé notre chambre à l'hôtel Essaouira et il nous a fallu toute la soirée pour nous remettre !


Le vendredi 23/02/2001 :

Journée détente... ballade dans les souks et le mellah... Fariente à la terrasse de l'hôtel.


Le samedi 24/02/2001 :

Départ à 11h30 pour Essaouira. Après les défilés d'usages, le bus part (à l'heure... une fois n'est pas coutume !). Sur la route nous avons vu des chèvres grimpées dans les arganiers (des arbres qui ne poussent qu'au Maroc), c'est surprenant !
Après trois heures de route, nous arrivons à Essaouira, c'est une belle ville... La médina est très agréable et plus jolie que la ville elle-même. Les gens sont spontanés et très sympathiques. Frantz à retrouvés ses copains. Nous avons mangé dans un restaurant (« Les bons amis ») où une bâche suspendue au plafond récolte la peinture qui s'effrite... plutôt comique !


Le dimanche 25/02/2001 :

Après une bonne nuit à l'hôtel Majestic, nous avons pris notre petit-déjeuner face à la plage. Partout, nous rencontrons des petits vendeurs de gâteaux (certains reconnaissent Frantz).
Sur la plage, il y a des chameaux et des chevaux.
Après une visite dans les rues, nous avons pris notre repas du midi sur le port. On choisit son poisson vivant et on le mange grillé : un vrai délice !!!...
Nous nous plaisons vraiment beaucoup ici ! Il fait très beau, il y a toujours ce petit vent chaud qui caractérise bien Essaouira, ainsi que les incontournables couleurs bleues et blanches qui ornent toute la ville.
Ce soir nous irons manger dans un restaurant typique, où l'on est assis sur des poufs, et éclairés à la bougie. C'est super !

Le lundi 26/02/2001 :

Nous avons passé une très bonne journée, après avoir pris notre petit déjeuner avec les inévitables cornes de gazelles et macarons, comme à l'accoutumée, sur la terrasse du bar de la plage.
Nous avons fait quelques achats de souvenirs. Le temps était un peu couvert, mais il faisait quand même très beau.
Ce soir, nous avons mangé un très bon repas au restaurant « Opéra » (place Moulay el Hassan).
Le serveur (un mélange de Louis de Funès dans « le grand restaurant » et d'yves Montant dans « La folie des grandeurs »), est vraiment un personnage ! Une adresse à ne pas louper, si nous revenons un jour à Essaouira.


Le mardi 27/02/2001 :

Nous avons encore passé une merveilleuse journée...(On ne peut pas s'en empêcher !).
Nous nous sommes fait faire un tatouage à l'henné. Catherine à eu droit à une main complète et les doigts de l'autre main, Quentin s'est fait faire un petit lézard, et Frantz a eu un soleil qui ressemble à un mandala. Catherine s'est fait une amie en la personne de Habiba, qui tient la boutique « Au ptit bonhomme la chance ». Les tatouages sont beaucoup plus fins ici, qu'à Marrakech.

Nous nous sommes aussi payé un tour de dromadaire sur la plage. Catherine a voulu descendre au bout d'une dizaine de mètres ! (Quelle trouillarde !) Quentin et Frantz ont fait quelques centaines de mètres...Le dromadaire s'est même mis a courir un instant, c'était très impressionnant pour Quentin. Il veut déjà en refaire un tour demain, avant de partir.
Ce soir, nous sommes retournés au restaurant « Opéra » où le serveur est vraiment incroyable ! Il représente une attraction a lui tout seul !
Demain, Nous prenons le bus de 15h, via Marrakech.
Nous quittons Essaouira à regret...nous y reviendrons très certainement.


Le mercredi 28/02/2001 :

Le retour sur Marrakech se passe bien, dans le même bus qu'à l'aller. Il y avait un mouton dans la soute à bagages juste en dessous de nos siéges, mais nous nous en sommes rendus-compte qu'à l'arrivé. (Lundi prochain, c'est la fête du mouton, « l'aïd el kebir »).
Catherine a lié une brève amitié avec deux marocaines (échange de barrette et bracelets...) qui sont descendues à mi-chemin, à Chichaoua.


Le jeudi 1/03/2001 :

Cet après midi, nous sommes allés faire quelques achats. Il fait très chaud...presque étouffant !
Catherine et Quentin sont maintenant parfaitement à l'aise dans les souks et sur la place Djema El Fna, nous pensons que le voyage a été bénéfique pour Quentin, et qu'il a mûrit un peu en voyant d'autres enfants du même age qui travaillent déjà, et souvent dans des conditions infernales.


Le vendredi 2/03/2001 :

Quentin nous a offert le petit-déjeuner, cela nous a bien fait plaisir (thé à la menthe et messamems à volonté !) Il était très fier !...
Nous avons passé la journée dans les souks, il faisait beaucoup de vent, les tôles qui servent de toit entre les ruelles s'envolaient. (Bref, un avant goût de Berck !...)


Le samedi 3/03/2001 :

Retour en France avec beaucoup de regrets. Aujourd'hui, le temps est dément ! Nous nous sommes régalés de nos derniers messamems et de nos dernières promenades dans les souks et sur la place Djema El Fna...
Derniers regards sur Marrakech, avec une promesse au fond du c½ur : Revenir ! ...(Inch' Allah...soyez les bienvenus au Maroc !...)



# Posté le lundi 26 novembre 2007 05:10

2001 : SENEGAL

DEPART : Le 31 octobre 2001 / RETOUR : Le 24 novembre 2001

Le 31/10/01 :

L'avion est parti de Paris à 9h30 et suite à un problème technique, nous avons effectué un atterrissage d'urgence à Casablanca, où nous faisons une escale non prévue. En fait, nous avons subi un vent de 130 km/h de face durant tout le trajet, et il semblerait que nous n'ayons plus assez de carburant...
Les camions citernes de la Royal Air Maroc nous ravitaille et cela dure une heure, sous la garde des militaires marocains qui entourent l'appareil armés de mitraillettes, pour bien s'assurer que personne ne descend de l'avion.

Nous sommes enfin repartis, mais nous ne volions pas depuis 15 minutes, qu'une panne d'électricité nous prive de lumières et d'air conditionné !

Arrivé à Saint-Louis, ancienne capitale des colonies, j'ai trouvé un hôtel assez facilement (« La Louisiane », situé au bord du fleuve Sénégal, à la pointe nord).

J'ai fait une petite balade, la ville paraît assez triste et très délabrée... les demeures coloniales qui bordent les rues sont en état de délabrement avancé, mais les gens sont accueillants.


Le 1/11/01 :

Je prends un taxi-brousse pour Podor, nous sommes 5, mais le taxi ne partiras que lorsque nous serons 7, alors j'attends. J'espère que le trajet ne sera pas trop long, j'avais oublié qu'aujourd'hui, c'est férié, alors tout est fermé, même les bureaux de change et je n'ai presque pas d'argent.

Je suis arrivé à Podor, j'ai fait un tour dans la petite ville, il n'y a qu'un seul hôtel, et je suis le seul blanc. Le soir, j'ai dîné dans une petite dibiterie (sorte de cabane où l'on grille des moutons), c'est si petit qu'il n'y a qu'une seule table... de toute façon, je suis le seul client !

Ici, tout le monde parle le Pulaar, il y a une majorité de Peuls, et les Wolof sont assez rares, une grand partie de la population est animiste.

Le 2/11/01 :

Je me trouve à l'embranchement de la route de St-Louis / Matam à Ndiayène-Pendao, ça me paraît un peu compliqué et surtout très long. J'attends qu'un taxi-brousse s'arrête et que quelqu'un descende pour que je prenne sa place. Peut-être qu'un camion va s'arrêter, et se sera plus rapide. Si je ne trouve rien, je serais contraint de retourner passer la nuit à Podor.

Un taxi-brousse s'est enfin arrêté, il me faut maintenant me débattre avec le chauffeur, le « chef »de la place, et ses deux commis.
En fait, je ne devrais avoir à faire qu'au chauffeur, mais j'ai comme l'impression que tout le monde voudrait avoir sa commission !
Après trois quarts d'heure de palabres, je parviens d'accord sur un pris de 5000 fr.CFA, jusqu'à Ourossogui.

Partout, sur la route, ce n'est que misère et désolation ! Beaucoup de petits villages constitués de quelques cases, une vingtaine au plus. En fait, je traverse le territoire des Peuls, ce sont pour la plupart des villageois qui vivent de l'élevage de Zébu et de la culture du mil. On rencontre énormément de troupeaux de zébus qui traverse la route, bien évidemment on s 'arrête chaque fois, et cela est souvent prétexte à des discussions interminable entre le chauffeur et le vacher...
La route est très mauvaise, des trous partout, a tel point que nous sommes obligés de la quitter pour rouler sur une piste sur le coté.
Le paysage est constitué de savane, de grandes étendues d'herbe rase avec quelques arbres par-ci, par-là. Au bord de la route, il n'est pas rare de voir des épaves de taxi calcinées, et tout cela donne un paysage de chaos, un peu comme dans Mad-Max.

Enfin, nous arrivons à Ourossogui. C'est plutôt un gros village et au bord de la route, il y a le seul hôtel qui, avec ses trois étages paraît complètement démesuré par rapport au reste. Ourossogui ne me dit rien et comme il n'est que 15 heures, je préfère reprendre la route pour Bakel.
Celle-ci est encore plus délabrée, après 130 kms, quelques barrages de l'armée, et la pause pour la prière, j'arrive à Bakel.

Je suis bien content, car le soir commence à tomber et toute la ville est plongée dans l'obscurité à cause d'une coupure d'électricité (très courant, au Sénégal)
Bakel est une toute petite ville. Tout ici est très sale, le sol est constitué de terre battue et il y a de nombreuses flaques de boue un peu partout, difficile de les éviter...

Je suis à l'hôtel Islam, j'ai pris une chambre ventilée à 3000 fr.CFA, l'accueil est chaleureux.
Un autre blanc arrive, il est en vélo. Nous sommes les deux seuls blancs et nous sommes suivis par une foule d'enfants qui nous regardent avec curiosité. Il s'appelle Jean-Paul Fabri, et a fait le pari un peu fou de faire le tour de Sénégal en vélo. Il fait le même trajet que moi, mais dans l'autre sens. Nous mangeons ensemble des pâtes et du b½uf que la patronne a préparé pour nous. Très gras et mal cuit...Mais bon, ici, il n'y a rien d'autre.


Le 3/11/01 :

La nuit s'est bien passé, malgré la chaleur et les moustiques. Il n'y a pas de fenêtre, ni de volet, et j'ai du acheter des spirales contre les insectes. Je suis réveillé dés 5 h du matin par la prière qui dure jusque 7h30 ! Je compte passer la journée ici, et repartir pour Tambacounda dés demain.
J'ai fait un peu de lessive, et il faut aussi que je me lave un peu. Je suis un peu ennuyé car je me suis encore fait piéger par le change : ici, il n'y a pas de banques, et la poste est fermée aujourd'hui et demain, il faut donc que je tienne jusqu'après demain avec seulement 200 fr. F(tout en payant l'hôtel, mes repas et le transport jusqu'à Tambacounda.


17h :

Tout va bien pour l'argent, un commerçant m'a fait le change moyennant une commission de 2%.

J'ai passé l'après midi à me promener dans les rues de Bakel, j'ai été jusqu'au fleuve, et je me suis fait arrêter par la police des frontières, qui m'a pris pour un militaire de la base américaine qui se trouve de l'autre coté du fleuve, en Mauritanie.
Comme je n'ai pas mon passeport sur moi, nous discutons un peu, et tout s'arrange.
Il me prend en photo



Le 4/11/01 :

Je me trouve au garage des taxi-brousse et j'attends que nous soyons assez nombreux pour partir. Pour l'instant, nous ne sommes que deux ( il est 7h30, et c'est pas gagné ! ).

Je suis arrivé à Tambacounda, par la route qui est parfaite, le paysage a changé, tout est plus verdoyant. Tout au long du chemin, il y a de nombreux petits villages de quelques dizaines de cases seulement, et souvent une mission catholique à proximité ( je me demande vraiment pourquoi, les catholiques ne représentent que 5% de la population...)

J'ai vu quelques singes et aussi beaucoup de feux de brousse.
J'ai trouvé une case dans un campement. Il y a un ventilateur au plafond, et c'est très agréable et très spacieux. Quel plaisir de boire enfin une bière bien fraîche !

J'ai acheté quelques bananes, depuis que je suis parti et mis à part les fantastiques calamars de Saint-Louis, je me nourris exclusivement de riz et de bananes. Il faut dire qu'il n'y a rien d'autre...


Le 6/11/01 :

J'ai passé la journée d'hier à me balader dans Tambacounda, en fait, il fait tellement chaud qu'il est impossible d'avoir une activité entre 11h et 17h, je passe donc le plus clair de mon temps à faire la sieste.

Ce midi, j'ai mangé du thiebeden, le plat traditionnel, du riz blanc, agrémenté d'une sauce aux légumes très pimentée, c'est délicieux et pas cher ! (1000 fr.CFA)
J'ai été me renseigner pour prendre le train qui vient de Bamako, mais tout ça est très compliqué, tout est approximatif, et il semblerait que le train ne passe pas à Kaolack (c'est pourtant la ligne ?), sans parler des horaires de départ qui sont totalement inexistant. Comme je ne tiens pas à arriver à Kaolack en pleine nuit, je préfère abandonner ce projet

Par contre, j'ai bien envie de me diriger vers Kedougou (à 250 kms au sud-Est).


Le 7/11/01 :

Après un voyage laborieux, je suis arrivé à Kedougou. Il a, bien sur, fallu attendre que nous soyons 7, et au bout de 2 heures, alors que nous étions enfin prêts à partir, deux passagères ont voulu récupérer un panier de bananes qu'elles avaient fait mettre au frais au marché (qui se trouve à 3 kms), Nous avons encore attendu une bonne heure avant qu'elles ne reviennent car elles avaient fait d'autres achats en cours de route... Je ne m'étendrais pas sur cette anecdote, car la moutarde me monte au nez !...J'étais placé derrière un gardien de prison qui n'arrêtait pas de cracher toutes les cinq minutes, coincé entre une portière qui ne fermait pas d'un coté et une énorme « mamas » qui n'arrêtait pas de crier à mes oreilles.

Les 235 kms qui séparent Tambacounda de Kedougou sont assez monotones, car la route est droite, mais en bon état. J'ai traversé le parc du Niokolo-Koba et vu quelques singes et des phacochères.
Partout, à perte de vue, un paysage de brousse nous entoure.
La ville de Kedougou par elle-même n'a rien d'intéressant, et comme partout tout est très pollué par les détritus et ordures en tous genres qui jonchent le sol.

J'ai trouvé un campement très agréable, je dispose d'une case avec tout le confort dans un parc où il y a deux gazelles en liberté. Elles se laissent caresser.
Surmontant ma fatigue, j'ai pris un taxi et loué les services d'un guide pour visiter le pays Bassari et plus particulièrement un village Bédick à coté de Bandafassi.


Mon guide s'appelle Bouba N'diaye, il fait partie de la tribu des Toucouleur et peut dialoguer avec les Bédicks, qui eux ont leur propre dialecte, mais comprennent un peu le Peul).

Il faut faire une quinzaine de kilomètres de piste pour accéder à un endroit où l'on continue à pied dans la brousse, se frayant un chemin à coups de machette. Au bout d'un petit quart d'heure, nous arrivons au pied de la montagne, où, il faut gravir un chemin constitué de grosses pierres. Au bout d'une demi-heure de sport ( ! ),

la vue est très belle et l'effort est vite oublié. Le village Bédick comporte une vingtaine de huttes. Les Bédicks y vivent pratiquement comme à l'age de pierre depuis plus de 5 siècles. Ils étaient animistes, et ont refusé d'être islamisés. Ils se sont donc caché dans ce coin très reculé, vivent en autarcie totale, et refusent même de descendre de leur village encore de nos jours. Je raconte ici leur histoire :
L'origine exacte des Bédicks d'Iwol est Mandingue avec la venue du Mali des familles Keita et Camara.

Pendant la guerre tribale dirigée par Alpha Yaya venu des massifs du Fouta Djalon, les Bédicks se sont dispersés ou ont été tués. Les rescapés se sont caché dans les cavernes d'où ils ne pouvaient sortir que la nuit pour puiser l'eau et piler les céréales en les frottant avec des pierres, de peur d'attirer les ennemis avec le bruit des pilons.
Vu la gravité de la guerre, les hommes offrirent au génie du village les jeunes les plus valables pour qu'il leur insuffle le pouvoir de mettre fin à la guerre. Grâce à cette intervention, les Bédicks furent sauvés.
Pourtant, un jour, Alpha Yaya revint dans le but de les soumettre, mais malheureusement pour lui, il se rendit compte que les Bédicks étaient protéger par le pouvoir du génie. C'était une grande chance pour les habitants du village, mais ce n'était pas la seul, car des essaims d'abeilles combattaient aussi en leur faveur. Si une abeille piquait un soldat d'Alpha Yaya, celui-ci mourrait sur-le-champ. Ainsi les Bédicks connurent la paix.

Alpha Yaya fut le seul à retourner dans son village natal en Guinée, malgré les piqûres d'abeille, il mourut quelque temps plus tard.

Une femme Bédick avait deux jumeaux, elle ne pouvait pas sortir du village. Alpha Yaya lui tranchât le corps en deux et le génie transforma son corps coupé et celui de ses deux enfants en pierre. On peut encore voir ces pierres sur la route de Magnan Kandu.

Dans le village, il y a 4 familles, les Keita, les Camara, les Samoura et les Sadiakou. Les keita sont chefs du village, les Camara et les Samoura organisent les fêtes qui datent les mois et les jours. Les Sadiakou sont chargés du rappelle des coutumes. Il y a au total 496 Bédicks répartis dans 7 villages, ils ne vivent que de la cueillette de mil et d'arachide qui pousse sauvagement.

J'ai pu faire quelques photos, car j'avais pris la peine d'acheter au marché un kilo de noix de cola pour leur offrir en présent, c'est la coutume... (j'y ai goûté, c'est immangeable !)
Il y a un magnifique Baobab qui ombrage le village et l'on devine aux tam-tams et au feu de camp que les soirées doivent être festives.
A la descente du village, il y a une case d'accueil où l'on m'a gentiment offert un plat de mouton grillé qui m'a redonne des forces jusqu'au soir.


Le 8/11/01 :

Je comptais repartir aujourd'hui, mais comme j'ai pris beaucoup d'avance sur mon trajet, je préfère me reposer une journée, ce qui me permettra de me décrasser et de faire un peu de lessive, ici, on se salit très vite !
Je termine la journée avec un Yassa : du riz blanc (encore !) avec beaucoup d'oignons et une sauce à la moutarde. Très bon.

Le 9/11/01 :

7h : Début de l'attente pour le taxi-brousse de Tambacounda...

... / ... / ... / ...

11h : Nous ne sommes toujours pas partis ! Attendre sous le soleil est très éprouvant. Je crois devenir fou !...et je me décide à payer les deux places qui restent... pour que nous puissions enfin partir...
Nous allions bientôt partir, quand un autre passager est arrivé, j'arrive à lui revendre un billet en double.

11h30 : nous partons enfin !


Le 10/11/01 :

Journée repos, décrassage et lessive...


Le 11/11/01 :

Après un voyage très désagréable (encore !), me voici arrivé à Kaolack. La route de Tamba à Kaolack est certainement la pire de tout le Sénégal ! Des nids de poules tous les deux mètres ! Ce qui nous oblige à rouler la plupart du temps en dehors de la route. Nous avons mis 4 heures 30 pour faire les 275 Kms qui séparent les deux villes.


Kaolack est une grande ville très encombrée. Le gros problème est trouver un hôtel. Il n'y a pas grand chose... Je me suis présenté à plusieurs endroits, mais même un clochard n'en aurait pas voulu ! en plus il s'agit de dortoir où tout le monde dors les uns sur les autres...

J'ai dû me rendre, à contre c½ur à l'Hôtel de Paris, c'est un hôtel plutôt chic, avec télévision et piscine, tenu par des français. Mais là encore, problème : Les chambres sont à 25000 fr.CFA (250 francs français) ce qui est beaucoup trop cher pour mon budget.... Où vais-je dormir ce soir... je commence à m'inquiéter ! J'en étais à ces réflexions, quand le portier de l'hôtel de Paris, qui m'avait rattrapé, m'indique que la mission catholique se trouve à 50 mètres. Je décide donc d'aller tenter ma chance. Ils ont une chambre tout à fait correcte pour 5000 fr.CFA ! (Merci petit Jésus !)

Je décide de me mettre à la recherche de l'épicerie Khewal, qui appartient à mon copain David Diop, (qui travaille sur les mêmes marchés que moi, en France). Au bout de deux heures, et accompagné d'un Sénégalais qui a bien voulu m'aider, nous arrivons à trouver la petite échoppe.
L'homme au comptoir me dit que David se trouve actuellement à Kaolack, et je décide d'aller à l'adresse qu'il me donne.
Comme c'est un peu loin, et que je ne comprends pas grand chose, je prends un taxi, toujours accompagné de mon « guide ».
Le taxi s'arrête dans un quartier plutôt résidentiel, mais lorsqu'il redémarre, mon guide se rend compte qu'il ne nous a pas descendu à la bonne adresse. C'est donc reparti pour le jeu de piste, il nous faut encore marcher à tâtons pendant plus d'une heure, et enfin nous trouvons la maison de David.
Il s'agit d'une maison relativement cossue pour le confort relatif du pays. Il ne s'attendait pas à me voir et est très heureux que je sois venu. Il me présente sa troisième femme qui nous apporte à manger. C'est bienvenu, car à part une banane et quelques cacahuètes, je n'ai pas mangé depuis 1 jour.
Nous avons passé le reste de la soirée à faire les présentations avec les voisins et sa famille, puis à discuter de mon voyage. Il me reconduit à la mission, et viendra me chercher demain pour me rendre à son village qui se trouve à 50 kms de Kaolack.

Je remarque que David est très influent ici, il est chiquement vêtu d'une très belle djellaba blanche avec des broderies dorées, sa troisième femme est plutôt jeune et jolie et se tient souvent à genou à coté de lui. Il possède encore deux autres maisons à Kaolack, avec dans chacune de ses demeures, des domestiques, ainsi que deux taxis qui sillonnent les rues pour son compte...
Il a également un garage où il vend des pièces détachées qu'il ramène de France par containers.
Bref, il fait un peu parti de la « jet set » de Kaolack.

Le 12/11/01 :

David est venu me chercher à la mission vers 11h et nous avons passé la journée dans son village, Tieneba, juste à coté de Gossas. Le village est constitué d'une quarantaine de cases et d'un immense corps de ferme composé lui-même de plusieurs bâtiments « en dur ». Le tout lui appartient, y compris le village en entier, puisque construit sur un terrain dont il a acheté la concession.

Il possède aussi la seule boutique, genre de quincaillerie-épicerie.

Décidément, David m'étonne beaucoup, il possède encore un troupeau d'une centaine de zébus, ainsi que quelques chèvres, plusieurs chevaux et ânes...
Avant d'arriver au village, il faut faire environ 3 kms de brousse. En quittant la route pour prendre la piste, on traverse un immense terrain divisé en huit parcelles. Cet endroit lui appartient aussi, il a quelques cases et David y fait construire à grands frais une mosquée visible de la route. Tout proche, il fait construire un puits et une citerne d'eau. Tout autour, des plantations de mil et de cacahuètes, à lui aussi !

Arrivé chez lui, il me présente à toute sa famille et amis...Longues présentations avec des « salamalecks » qui n'en finissent plus...Il me fait visiter sa maison, qui est la seule à tenir debout à plusieurs kilomètres à la ronde !

A l'intérieure de sa propriété, il possède également une école coranique qu'il me fait visiter. Des dizaines d'enfants y récitent tout haut et sans arrêt des versets du coran. Tout cela est impressionnant et me laisse perplexe sur la liberté de penser de ces enfants et surtout sur celle qu'ils auront plus tard en ayant été fanatisés de la sorte. Des photos et dessins représentant la Mecque, la grande mosquée de Touba, et les différents marabouts, des dizaines de calligraphies encensant le pouvoir d'Allah ornent les murs...
Je m'efforcerais ici, de ne pas apporter de jugement de valeur, chacun sa culture !...Cependant je pense que tant qu'un Etat n'a pas fait la scission entre la religion et la politique, il ne peut pas se développer, ou alors à un rythme beaucoup plus lent, ce qui le met irrémédiablement au banc des autres nations.

Nous avons mangé ensemble, tous dans le même plat et avec les mains comme c'est la coutume au Sénégal. J'ai quand même eu droit à une cuillère, et David en a pris une aussi ( pour éviter que je fasse un complexe, je suppose...).
Partout, David est très respecté, tout le monde lui fait la révérence et il a toujours quelques « courtisans » avec lui. De temps en temps, il distribue des billets de 1000 fr. CFA à qui en veut...On ne peut pas se rendre compte de tout cela lorsqu'on le voit en France, où pour nous, il n'est qu'un simple « doudou ». Avec tout ce que j'ai vu aujourd'hui, je peux affirmer sans me tromper qu'il fait vivre directement ou indirectement au moins 250 personnes !...

Nous avons échangé quelques idées avec les gens du village venus pour me voir. Les plus petits enfants n'avaient jamais un blanc, et il fallu plusieurs explications avant que la frayeur et les pleurs cessent.

Le soir est vite tombé, Je dors dans « la case-foyer » de Gossas, une sorte de salle des fêtes. Ce n'est vraiment pas formidable et je regrette mon lit à la mission catholique. Je n'ai pas le choix... dire que je vais devoir passer deux nuits dans ce taudis !

Le 13/11/01 à 10h :

Je rechigne à me laver, car le lavabo et tout ce qui l'entoure est d'une saleté repoussante ! Je ne peux pas aller aux toilettes non plus... Courageux, mais pas téméraire ! ( j'ai mes limites...)
La journée s'est passé à Tieneba en compagnie de David et son frère Martin. Leurs femmes sont là aussi, mais elles restent dans leur coin et ne se mêlent pas aux hommes (sauf pour apporter des matelas et du thé).
Les enfants sont très sales et ne parlent pas. La dernière fille de David (Omo) est très mignonne et elle est toujours à mes cotés. Il faut dire que je lui ai donné quelques petites peluches... confisquées aussitôt par les mères ( ?)

Changement de programme, Martin doit aller à Kaolack, j'en profite pour regagner la mission (Dieu merci ! Amdoulilahli ! Comme on dit ici).

Le 14/11/01 :

Aujourd'hui, nous sommes allés avec David à une cérémonie de funérailles du père d'un de ses copains. Cela fait déjà une semaine qu'il est enterré, mais les festivités se prolonge pendant 2 semaines. Je dis les festivités, car ici, l'enterrement donne lieu à de grandes fêtes en l'honneur du défunt. Il y a plus de 300 personnes venues de tout le Sénégal, quelquefois en bus tout spécialement affrétés à cette occasion.
L'après midi nous avons rendu visite à Thomas (un autre copain qui fait le marché du Touquet).


Nous avons eu un accident de voiture, rien de grave, de la tôle froissée pour David et un phare cassé pour le taxi qui nous est rentré dedans. David n'était pas content car le chauffeur de taxi ne voulait pas lui demander pardon... Il a fallu attendre l'arrivée du « Président des taxis » pour que nous puissions trouver un arrangement à l'amiable. Un attroupement considérable s'était formé autour de nous et les palabres ont durés prés d'une heure.


Le 15/11/01 :

J'ai mangé chez Thomas et j'ai passé une partie de l'après midi chez lui. Nous parlons de David et il me dit qu'il possède encore deux camions de 12 tonnes qui parcourent le Sénégal.
J'ai reçu en poste restante une lettre de Catherine et ça m'à fait plaisir.


Le 16/11/01 :

Aujourd'hui il fait très chaud. Le moindre mouvement relève d'un effort surhumain.
Journée de repos.

Le 17/11/01 :

J'ai quitté Kaolack pour Thiès, Je n'ai pas eu de problème pour trouver un hôtel.
Thiès est une belle ville avec de larges avenues bordées d'arbres. L'ambiance est très reposante, bien que ce soit la deuxième ville du pays en importance.

Le 18/11/01 :

J'ai fait quelques achats, un masque rituel, un djembé pour Quentin et j'ai aussi acheté quelques dattes pour faire goûter à Catherine.

Le 19/11/01 :

Après un plat de riz au poisson, je suis allé me promener dans Thiès, j'ai réussi à échangé mon vieux jean contre deux petits masques et un porte-clefs en os.


Le 21/11/01 :

Je suis à Dakar ! Je n'ai pas pris d'hôtel car ils sont tous très chers. J'ai loué une chambre chez un portugais qui possède une grande maison. C'est assez bien tenu et surtout c'est en plein centre.


Dakar ressemble beaucoup à Paris, la chaleur en plus. Cette ville est complètement insécurisée, on peut se faire agresser en plein jour pour seulement cinq francs ! Partout, des rabatteurs et des « banabana » (petits marchands ambulants) m'accostent. Cela fini tout de même par devenir franchement désagréable. Dés qu'on réussi à s'en débarrasser, un autre arrive aussitôt.

Je ne m'attarde pas le soir, et dîne d'un succulent chawarma, sandwich libanais, du kebab avec des frites, des tomates, des oignons, une sauce blanche, le tout servi dans une crêpe.


Le 23/11/01 :

Ce matin, j'ai visité l'île de Gorée. De magnifiques paysages en quittant Dakar par le bateau.
Gorée a un petit coté méditerranéen, tout est calme et reposant (quel contraste avec Dakar !)


On peut flâner dans les ruelles sans être importuné et c'est vraiment agréable.


De belles maisons coloniales bordent la côte. J'ai visité la maison des esclaves, il s'agit de l'endroit où transitaient les esclaves venus de toute l'Afrique et partant pour les Amériques, les Antilles, le Brésil ou Cuba. Visite très intéressante, malgré la lourde insistance du conservateur a suscité quelques culpabilités de la part des européens, pour qu'ils déboursent encore un peu plus à la boutique du musée... Il finit son discours en reconnaissant honnêtement tout de même que c'est grâce aux Français et notre déclaration des droits de l'homme que l'esclavage a été aboli à la révolution, mais ré-autorisée sous le règne du sinistre Napoléon...


Je quitte Gorée avec beaucoup de regret car j'aurai aimé y passer une journée entière, mais mon avion décolle à 17h30.


16h :

Je suis maintenant à la fin du voyage, en conclusion le Sénégal est un beau pays, dommage que ses habitants y soient si pénibles ! De plus tout le territoire est une véritable décharge, des ordures et détritus partout, aussi bien en pleine ville qu'en campagne !... Les Sénégalais avec qui j'ai discuté m'ont tous dit que leur pays était en voie de développement... C'est du moins ce que les politiques leur font croire !... Pour ma part, je pense qu'il serait plutôt en voie de régression !... Dommage, car pour un pays qui tire la majeure partie de ses revenus du tourisme, les autorités pourraient faire un petit effort... Enfin...cela peut difficilement être pire... alors espérons !


Frantz, le Séné-gaulois.

Kilométrage parcouru : Environ 1900 kms
# Posté le lundi 26 novembre 2007 05:14